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vendredi 6 avril 2007

“ Première chance ” ou retour du CPE ?

La chasse au chômage des jeunes va-t-elle devenir le nouveau sujet sur lequel va s’effectuer la surenchère de recettes libérales ? La proposition de Ségolène Royal de “ Contrat première chance ” relève en effet d’une logique qui fait supporter au budget de la nation ce qui devrait être à la charge des entreprises.

La prise en charge complète pendant un an du salaire ainsi que des cotisations sociales pour l’emploi d’un jeune non qualifié sans aucune contrepartie réglementée de la part des entreprises s’apparente ainsi à une nouvelle version du Contrat Première Embauche.
Au bout d’un an, l’entreprise va pouvoir s’en séparer simplement à partir du fait qu’elle n’est pas “ satisfaite ” du jeune embauché.
Si cette proposition restait en l’état, elle s’apparenterait à une nouvelle attaque contre le code du travail.

On ne peut même pas arguer que cela va permettre à des jeunes non qualifiés d’acquérir de l’expérience professionnelle puisqu’il aura à déclarer à ses employeurs potentiels que l’entreprise dans laquelle il a été embauché en “ Contrat première chance ” ne l’a pas gardé car elle n’était pas “ satisfaite ” de lui.

Encore une fois on utilise le dogme du coût du travail pour avancer dans la précarisation de l’emploi des jeunes. Jamais chez les libéraux de gauche et de droite, on ne pose la question des charges financières qui pèsent sur les TPE et les PME.

En soutenant la candidature de Marie-George Buffet, les jeunes et les étudiants communistes défendent notamment les propositions suivantes :
• La création d’un droit à l’emploi : accompagner l’insertion professionnelle des jeunes vers un emploi durable et correctement rémunéré, lutter contre les discriminations à l’embauche, un plan de résorption de l’emploi précaire des jeunes. 10 milliards d’euros pour les jeunes en formation ou à la recherche d’un premier emploi. • La création d’un pôle public bancaire chargé de développer une nouvelle grande mission de service public du crédit au service de l’emploi, de la formation. • Création d’un Fonds national de sécurisation de l’emploi et de la formation, qui sera régionalisé, prenant en charge la bonification des prêts bancaires aux entreprises, dans la mesure où elles développent l’emploi et la formation.
Mouvement Jeunes Communistes de France
Paris, le 16 mars 2007

AUX ÉLECTEURS DE GAUCHE tentés de voter Bayrou



Bayrou.jpg
Aux électeurs de gauche qui envisagent de voter François Bayrou au premier tour au prétexte qu’il s’agirait du moyen le plus sûr de batte Sarkozy au second, il faut rappeler le bilan qui unit ces deux hommes.

Toutes les lois antisociales dont les salariés paient aujourd’hui le prix ont été, sous les gouvernements Raffarin, adoptées sans discontinuer avec le soutien convergent des groupes UMP et UDF.

Il y a une proximité difficilement contestable de leurs programmes et un tronc commun ultralibéral.
Ce n’est pas pour rien que ces deux-là étaient d’ardents défenseurs du Oui au projet de constitution européenne.
La mise à nu de cette proximité reste à faire. Elle est masquée par tous ceux qui rêvent de faire de Bayrou l’opposant idéal, celui dont les milieux d’affaire n’ont absolument rien à craindre.

Mais cette clarification des programmes, nécessaire, n’est pas suffisante.
Les électeurs de gauche ou les nouveaux inscrits qui envisagent le vote Bayrou n’ont certes pas tous conscience du DANGER de son programme, car il en a bien un, contrairement à ce que disent Royal ou Strauss-Kahn.
Mais pour certains, le problème n’est plus là. Déçus par la gauche, notamment par la candidate susceptible de la représenter au second tour, ou convaincus par les sondages de sa défaite programmée face à Sarkozy, ils pensent pouvoir instrumentaliser le vote Bayrou à bon compte, sans danger, juste au nom du “ tout sauf Sarko ”.

C’est une triple erreur.

• Premièrement, le programme Bayrou n’est pas aussi inoffensif qu’il en a l’air.
• Deuxièmement, il lui faudra trouver une majorité parlementaire.
- Soit il la trouvera à droite et nous aurons le programme commun UMP-UDF. Sortie par la fenêtre, la politique de Sarkozy reviendra par la grande porte.
- Soit il tentera de débaucher une partie du PS, mais ce sera toujours pour mener une politique libérale et fermer la porte cette fois à toute politique alternative réellement de gauche.

Bayrou au pouvoir, c’est la mise en œuvre d’une politique de droite assurée quelles que soient ses alliances.

• Enfin troisièmement, compte tenu des pouvoirs exorbitants dont dispose le président de la République, c’est donner à un homme seul une carte blanche bien dangereuse. À l’aune du pouvoir, les hommes providentiels font rarement de grands démocrates.

Alors que faire le 22 avril au premier tour de l’élection présidentielle ?
• Baisser les bras et ouvrir le chemin du pouvoir à Sarkozy ?
• Choisir Bayrou pour s’en mordre les doigts plus tard ?
• Voter Royal sans y croire avec la peur au ventre que cette gauche mollassonne n’aille de nouveau dans le mur ?

Tous ces calculs mènent à l’impasse.

Une autre possibilité demeure pour tous ceux qui ne veulent pas mettre le 22 avril un mouchoir sur les exigences de changement.

Faire mentir les sondages et muscler la gauche en faisant monter le vote Buffet, dont le programme, beaucoup le reconnaissent, est à la hauteur.
“ Vous rêvez ”, nous serine-t-on.
Mais qui a une meilleure idée ?